1.2 Domaines et actions de lutte contre la désertification

L'arsenal juridique mis en place a permis de jeter les bases de la stratégie d'intervention de l'administration coloniale en matière de lutte contre les processus de dégradation des ressources naturelles. Le secteur forestier occupe une place prépondérante dans la définition et la conduite des plans et programmes d’actions.

Politique de classement

Amorcée en 1935, la politique de classement s'est intensifiée à partir de 1940 dans les zones d'emprise de la voie ferrée. Le programme mis en œuvre par l’administration forestière a donné lieu à de nombreuses réalisations :

Fig.8 : Carte des aires protégées

EROS DATA CENTER/CSE

Politique de reboisement

Les premières actions de reboisement ont porté sur les plantations d'alignement et d'ombrage pour l'embellissement des rues, des axes routiers, des places publiques, etc. Les plantations de production et de protection ont marqué la deuxième phase de mise en œuvre des programmes de reboisement.

Jusqu'au début des années 50, les efforts entrepris sont pour l'essentiel consacrés à des opérations menées dans les forêts classées, sous forme de plantations d'enrichissement pour la production de bois d’œuvre, de service et de chauffe (plantations massives de Teck en Casamance, promotion d'essences locales comme Albizia et Cassia dans les forêts périurbaines du Cap Vert). Outre les forêts classées, la priorité a été accordée à des plantations de protection des villes contre l'ensablement.

A partir de 1950, les initiatives entreprises vont concerner principalement :

Fig.9 : Plantation de filao pour la fixation des dunes du littoral Nord du Fleuve Sénégal

Photo : Gray Tappan

On notera qu’à travers les dispositions juridiques et les diverses initiatives engagées sur le terrain, l’administration coloniale a tenté d'organiser, sur des bases nouvelles, les relations que les sociétés locales entretiennent avec leur milieu. Mais, les programmes mis en œuvre ont été circonscrits, pour l'essentiel, à la foresterie et n’ont pas permis de produire des résultats significatifs susceptibles d’atténuer ou d’enrayer les processus de dégradation des ressources naturelles.