3. Quelles sont les incidences de la désertification sur les activités productives ?
Le processus de dégradation des terres engendre des conséquences néfastes sur lagriculture. Or, ce secteur occupe une place prépondérante dans la vie économique. Au début des années 1970, la succession dannées sèches a eu comme conséquence principale - du fait de la prédominance des cultures sous pluies - une évolution chaotique des productions agricoles. Entre 1975/76 et 1977/78, la production d'arachide d'huilerie est passée de 1.450.000 tonnes à 500.000 tonnes. Pour les cultures céréalières (mil et sorgho), la production s'est élevée en 1981/82 à 986.000 tonnes contre 312.000 tonnes en 1972/73. La production de riz est passée de 37.900 tonnes en 1972/73 à 146.426 tonnes en 1978-1979 pour retrouver en 1982 son niveau de 1970/71 (95.000 tonnes). Le cheptel n'est pas non plus épargné par cette évolution, chaque grande crise de sécheresse l'amputant de 20 à 40 % de son effectif.
Les récents épisodes de sécheresse sont survenus à un moment où la culture arachidière était largement prédominante. En effet, l'arachide occupait l'essentiel des superficies emblavées et procurait la majeure partie des revenus agricoles. La crise de la culture arachidière a incité les pouvoirs publics et les producteurs ruraux à s'engager dans la recherche des solutions alternatives. Cela semblait d'autant plus indispensable que les difficultés de l'agriculture se répercutent sur l'ensemble des autres secteurs de l'activité économique. En effet, l'industrie reste encore en partie dominée par les huileries et la plupart des services (commerce, transport) s'organisent autour de ce produit de base qui détermine toute la vie économique.
Dans la logique de sécurisation des productions agricoles, les pouvoirs publics sénégalais ont entrepris, en partenariat avec les autres pays riverains du fleuve Sénégal, dédifier les barrages de Diama et de Manantali en vue, notamment de promouvoir la culture irriguée. Un programme de micro-barrages réalisé dans la région de la Casamance est sous-tendu par le même objectif.
Pour ce qui concerne les cultures sous pluie, ladministration a adopté des mesures incitatrices de diversification et d'intensification agricole. Des résultats intéressants ont été obtenus avec notamment le développement des productions céréalières, fruitières et légumières. Mais, en ce qui concerne l'intensification, les programmes mis en oeuvre se heurtent à l'inaccessibilité des engrais chimiques du fait de leur chèreté à un moment où les revenus ruraux s'amenuisent en termes de pouvoir d'achat.
Alors que les productions agricoles connaissent une évolution en dents de scie, l'exploitation forestière prend de l'ampleur et devient une activité particulièrement lucrative. Pour le bois de chauffe par exemple, les quantités commercialisées sont passées de 85.535 stères en 1970 à 166.007 stères en 1982 avec une pointe de 236.445 stères en 1975.
Les perturbations du tissu économique national se manifestent également à travers le déclin ou la disparition de certaines activités. Ainsi, dans plusieurs localités, il n'est plus possible de pratiquer la pêche continentale du fait de l'assèchement des cours d'eau.
Les paysans ne sont pas les seuls acteurs confrontés à la baisse de leurs revenus. L'Etat également connaît une réduction des recettes d'exportation procurées par l'arachide et ses produits dérivés. L'extraction minière (phosphates) et lexploitation des produits de la mer se développent de plus en plus pour compenser le manque à gagner résultant de la crise de la production arachidière.
Le processus de désertification contribue à modifier la physionomie de certaines zones écologiques et tend à réduire leurs potentialités économiques. Le bassin arachidier, en particulier la zone du Delta du Saloum, connaît des mutations importantes. La salinisation du cours d'eau a engendré une régression de la riziculture qui est en partie compensée par le développement de nouvelles activités économiques. Il sagit, notamment de la production de sel qui occupe de plus en plus de personnes et tend à s'industrialiser pour les besoins de l'exportation.
La vallée du fleuve Sénégal, autrefois zone de prédilection de l'élevage transhumant et région pourvoyeuse de main-duvre émigrée, connaît actuellement le développement de la riziculture et d'autres cultures irriguées. Des villes secondaires ont vu le jour et se sont développées autour des activités industrielles (tomate et sucre), commerciales et de services.
Le Sénégal oriental se spécialise de plus en plus dans la culture du coton, pendant que la Casamance abandonne progressivement la riziculture et la sylviculture de subsistance pour se consacrer aux cultures commerciales. Le Ferlo également se trouve engagé dans un processus de mutations rapides liées aux aménagements, en particulier la remise en eau des vallées fossiles. La zone des Niayes, du fait du développement des villes, tend à se spécialiser dans le maraîchage et la production fruitière.
Tableau 2 : Facteurs de dégradation et contraintes à lutilisation durable des terres
zones éco-géographiques |
Principales contraintes |
| Vallée du Fleuve Sénégal |
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| Zone sylvo-pastorale |
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| Casamance |
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| Bassin arachidier |
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| Zone du Sud-Est |
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| Niayes |
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