2.2 Instruments de mise en uvre des politiques publiques
Leffort de rénovation des stratégies dintervention définies par les pouvoirs publics répond à quatre soucis principaux :
Ces orientations sont prises en compte dans le cadre de l'élaboration du Plan National d'Aménagement du Territoire (PNAT). A partir de lidentification des potentialités et des contraintes existant au niveau des différentes zones éco-géographiques, le PNAT a esquissé un schéma daménagement de lespace et défini des programmes de gestion des ressources naturelles.
Parallèlement à cet exercice, les pouvoirs publics et leurs partenaires ont engagé une réflexion concertée sur les modalités dapplication, à léchelle nationale, de la stratégie sous-régionale de lutte contre la désertification définie par les pays du CILSS à Nouakchott en 1984. Au terme de ce processus de concertation, un Plan National de Lutte Contre la Désertification (PNLCD) a été adopté en 1989.
Dans cette même logique, le Sénégal a entamé en 1982 la préparation du Plan Directeur de Développement Forestier (PDDF). Ce plan sest attaché à établir un diagnostic exhaustif avant de définir des stratégies d'action à moyen et long termes et de délimiter un horizon temporel pour leur mise en uvre (2016).
Mais, il sest très vite avéré indispensable de procéder à une révision du PDDF pour prendre en compte les mutations en cours, mais aussi les enseignements tirées des expériences de protection et/ou de restauration du milieu naturel entreprises par différents acteurs (institutions étatiques, ONG, collectivités locales, secteur privé, etc.). Cette actualisation du PDDF a conduit à ladoption en 1993 du Plan d'Action Forestier du Sénégal (PAFS) dont les orientations sont plus cohérentes avec les réorientations en cours au niveau des politiques publiques (désengagement de lEtat, promotion des initiatives privées et responsabilisation des collectivités locales).
Les objectifs définis par lEtat dans le domaine de la gestion des ressources naturelles seront pris en compte dans les différents plans de développement économique et social qui prévoient de mobiliser les moyens requis pour leur mise en uvre opérationnelle. Ainsi, pour la période couverte par les V ème et VI ème plans de développement (1979 - 1985), lobjectif retenu est de porter les superficies forestières à 30% du territoire national. Sagissant des opérations de reboisement, le VII ème plan (1986 - 1990) sest fixé un objectif de 14.000 hectares de plantations à réaliser annuellement. Cet objectif a été porté à 41.000 hectares dans le cadre du VIII ème plan (1991 - 1995).
Lévaluation des activités des différents projets forestiers fait apparaître un net décalage entre les objectifs proclamés et les résultats enregistrés sur le terrain. Plus fondamentalement, on constate que les approches sectorielles qui étaient en vigueur ont un impact limité (et sans garantie de pérennité) sur les ressources naturelles. Par ailleurs, ce type dintervention na pas permis dengager les populations de manière pleine et entière dans les initiatives de développement de sorte que les systèmes dexploitation des ressources nont pas connu de modifications volontaires, profondes et maîtrisées par les acteurs eux-mêmes.
Lintervention des projets forestiers ne sintègre pas toujours dans une stratégie globale et cohérente de gestion des ressources naturelles. La prise de conscience des limites inhérentes à cette démarche fait que lintégration intersectorielle est actuellement au coeur des préoccupations des acteurs concernés (projets, collectivités locales, organisations communautaires de base).