1. Quels sont les principaux problèmes de désertification identifiés au niveau des différentes zones éco-géographiques et quelles sont les actions déja menées pour y remédier ?

Le tableau suivant présente l’état des ressources naturelles ainsi que le bilan des actions de lutte contre la désertification au niveau des zones éco-géographiques.

Tableau 3 : synthèse des principaux problèmes de désertification et des actions déjà menées par zone éco-géographique

ZONES ECO-

GEOGRAPHIQUES

ETAT DES RESSOURCES NATURELLES

PRINCIPAUX PROBLEMES DE DESERTIFICATION

ACTIONS DEJA MENEES

RESULTATS OBTENUS

PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

VALLEE DU FLEUVE SENEGAL
  • la pluviométrie a fortement baissé et les eaux de surface de la vallée sont menacées par les pollutions et nuisances provenant des rejets industriels et des aménagements hydro-agricoles ;
  • le déchaînement des vents de sable a longtemps soumis les sols à une forte érosion. En plus, les coupes pour le charbon de bois, les feux de brousse et l'extension des cultures ont contribué à la dégradation des sols. La mauvaise qualité des aménagements et l'absence de systèmes de drainage pour la plupart des périmètres irrigués constituent les plus grandes menaces qui pèsent actuellement sur les sols. Au niveau du Delta, la salinisation des sols a abouti à la naissance de tanns constitués de bandes importantes de terres dénudées, ce qui aggrave l'érosion éolienne et hydrique. L'alcalinisation des sols induite par l'eau d'irrigation ainsi que l'utilisation d'engins lourds conduisent à la destruction de leur structure ;
  • les formations forestières sont fortement dégradées et les forêts de Gonakié, caractéristiques de la zone sont en voie de disparition ainsi que les forêts galeries situées le long des cours d'eau. Cette dégradation des habitats de la faune a eu comme conséquence la disparition de certaines espèces animales. On note également une non intégration de l’arbre dans les périmètres irrigués.
  • Reboisement, protection et régénération des forêts de Gonakié,
  • mise en défens, et lutte anti-érosive,
  • lutte contre les feux de brousse,
  • maîtrise de l’eau à travers les aménagements hydro-agricoles,
  • recherche d’énergie de substitution notamment la valorisation de la paille de riz comme combustible domestique,
  • formation, éducation, sensibilisation environnementale des écoliers,
  • étude de l’impact des barrages sur l’environnement .
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  • On a cependant noté des résultats mitigés pour certaines actions et encourageants pour d’autres. En effet, les actions de mise en défens de certaines zones dégradées ont connu un succès réel et il est judicieux d’étendre cette pratique aux zones les plus sensibles. Pour ce qui est de la maîtrise de l’eau, le maintien en permanence d’un plan d’eau douce en amont de Diama a permis d’améliorer la recharge des nappes alluviales et le remplissage des dépressions comme le lac de Guiers. Cependant, l’absence d’un drainage correct des périmètres irrigués a favorisé l’acidification et la salinisation des sols dans certaines localités. L’expérience de valorisation de la paille de riz s’est heurtée à quelques problèmes techniques et financiers qui sont susceptibles de trouver une solution dans le cadre d’un partenariat entre producteurs, industriels et établissements financiers.
    NIAYES

    NIAYES

    la surexploitation des eaux souterraines entraîne leur salinisation du fait de l'intrusion des eaux marines (biseau salé). La forte urbanisation a entraîné des difficultés de recharge de la nappe infrabasaltique du fait de la réduction progressive des zones d'infiltration des eaux pluviales, notamment à Dakar ; On note également une pollution des eaux due aux effluents industriels.
    • la zone des Niayes est marquée par une dynamique dunaire provoquée par la remobilisation du sable sous l’effet du vent. Dans cette zone, les dunes menacent les cultures maraîchères et les routes; les sols sont salinisés et les bas fonds ont récemment été recouverts de sable ;
    • le couvert végétal est fortement dégradé sous l'effet combiné de la baisse de la pluviométrie, de la disparition des réserves d'eau de surface et des activités socio-économiques (déboisement, extension des cultures, développement des mines et carrières, concentration de cheptel).
    • fixation des dunes du littoral et protection des cuvettes maraîchères,
    • reboisement d’anciennes zones d’exploitation minière,
    • régénération des plantations de filaos
    Si les opérations de fixation de dunes ont connu un succès réel et ont contribué à l’accroissement de la production maraîchère de la zone, il se pose actuellement le problème de l’aménagement des plantations de filaos, afin d’assurer leur pérennité. En outre l’urbanisation continue de s’accentuer dans cette zone avec comme conséquence la destruction de certaines formations végétales et la surexploitation des nappes qui entraîne leur salinisation. Les zones d’exploitation minière sont rarement remises en état.
    BASSIN ARACHIDIER
    • le tarissement des points d'eau, la salinisation des nappes phréatiques, l'insuffisance et la déficience des infrastructures hydrauliques ont aggravé la réduction des espaces agricoles et pastoraux ;
    • l'érosion éolienne, hydrique et chimique (saline) entraîne l'épuisement, la salinisation et l'acidification des sols. Dans la partie littorale de la zone, l'attention est retenue par la pointe de Sangomar qui est pratiquement détruite, en même temps que d'importantes superficies de mangrove ;
    • la destruction du couvert végétal est très avancée. Dans certains départements, il n'y a plus aucune formation forestière (Mbacké, Diourbel). La perte de biodiversité est énorme du fait de la destruction des habitats naturels. On note également un vieillissement des parcs agroforestiers.
    • reboisement et développement de l’agro-foresterie,
    • mise en défens et lutte anti-érosive,
    • lutte contre les feux de brousse,
    • lutte contre la salinisation des sols et des nappes,
    • construction et vulgarisation des foyers améliorés.
    Les actions de récupération des terres salées ont connu quelques succès qui restent à être appliquées à toutes les zones touchées. Les pratiques agroforestières ont permis le maintien de la fertilité des sols et l’accroissement de la production dans certaines zones et méritent d’être renforcées, de même que la mise en défens des zones sensibles. L’impact de l’utilisation des foyers sur l’économie de combustible ligneux, même s’il est jugé globalement positif, n’a pas fait l’objet d’une évaluation. Les actions de CES/DRS ont contribué au niveau de beaucoup d’endroits à atténuer les effets de l’érosion hydrique et mériteraient d’être généralisées. Le remembrement de certaines zones dans le cadre d’un plan d’aménagement intégré des terroirs mérite d’être envisagé.
    ZONE SYLVO-PASTORALE
    • la baisse de la pluviométrie a contribué à rendre difficile l'accès à l'eau dans la zone malgré l'existence de programmes destinés à apporter un appui aux populations. L'absence d'eau de surface sur de vastes zones, l'ensablement et l'assèchement des mares et marigots, la détérioration de la qualité des eaux de surface existantes, l'abaissement de la nappe phréatique et les pannes de forage constituent de réels problèmes ;
    • la zone se caractérise par la pauvreté des sols dénudés soumis à l'érosion éolienne, hydrique et à la salinisation. Cette dégradation des terres réduit les potentialités agricoles. Les vents de sable fréquents dans la zone, surtout en saison sèche, peuvent être source de pollution atmosphérique ;
    • la dégradation des ressources végétales se manifeste partout dans la zone par un éclaircissement du couvert végétal auquel s'associe souvent un état végétatif médiocre des formations ligneuses. Le poids des facteurs climatiques défavorables se traduit par une mortalité et une baisse des possibilités de régénération naturelle fortement ressenties sur les peuplements de Gonakié dans les zones de cuvettes. Dans certaines parties, apparaît une multiplication des sujets indicateurs de dégradation, tels Calotropis procera. Par endroits on note une disparition des trois quarts des peuplements de gommiers (Acacia sénégal) et d’autres ligneux avec comme conséquence la réduction du capital fourrager. La recrudescence des feux de brousse constitue également une menace réelle sur les ressources végétales.
  • aménagement pastoral,
  • reboisement et développement de l’agro-foresterie,
  • mise en défens et lutte anti-érosive,
  • lutte contre les feux de brousse,
  • construction et vulgarisation des foyers améliorés,
  • maîtrise de l’eau.
  •  
  • Les actions menées dans le cadre de programmes d’aménagement pastoral à travers la création d’unités pastorales constituent une réussite. Les mises en défens ont permis la régénération de certaines formations végétales et l’on a même observé par endroits au retour de la faune. Cette forme de lutte mérite d’être renforcée. Quant à la lutte contre les feux de brousse, malgré les nombreux efforts de l'Etat et des populations, les résultats restent mitigés vu le nombre de cas et les superficies qui continuent de brûler chaque année. La stratégie d’implantation des forages mérite d’être revue car l’on assiste dans certaines zones au tarissement des nappes du à un mauvais maillage et à une surexploitation. L’impact de l’utilisation des foyers sur l’économie de combustible ligneux, même s’il est jugé globalement positif, n’a pas fait l’objet d’une évaluation. Les actions de CES/DRS ont contribué au niveau de beaucoup d’endroits à atténuer les effets de l’érosion hydrique et mériteraient également d’être généralisées.
    CENTRE-EST ET SUD-EST
    • les ressources en eau de surface sont affectées par une baisse généralisée des quantités de pluie qui se combine avec l'évaporation pour provoquer un assèchement précoce des mares et marigots temporaires. La disparition des points d'eau constitue un facteur aggravant ;
    • les ressources en sol connaissent une érosion hydrique intense (ravinement très prononcé), notamment dans le Boundou où se forment des zones impropres à l'agriculture. Dans la partie sud, l'érosion hydrique est plus nocive encore à cause de la présence d'une cuirasse sub-affleurante ;
    • les formations forestières régressent à cause des défrichements abusifs à des fins agricoles qui s'étendent jusqu'aux berges colonisées par la forêt galerie. Ces massifs sont exploités pour la production du charbon de bois. Les écosystèmes forestiers de la zone s'appauvrissent en termes de biodiversité à cause de l'exploitation abusive de certaines espèces tels que le karité, voire la disparition pure et simple d'autres. Ils connaissent ainsi un processus de savanisation dans certaines parties, renforcé par l'action récurrente de feux de brousse.
  • aménagement forestier,
  • reboisement et développement de l’agro-foresterie,
  • mise en défens et lutte anti-érosive,
  • lutte contre les feux de brousse,
  • création de points d’eau.
  • Les actions menées dans le cadre de programmes d’aménagement forestier n’ont pas permis d’inverser les tendances d’exploitation irrationnelle des ressources forestières de la zone qui font partie par ailleurs des dernières réserves du pays. Les ouvrages mécaniques et biologiques réalisés dans le cadre de la lutte contre l’érosion hydrique ont donné des résultats assez satisfaisants et méritent d’être généralisés. Quant aux feux de brousse, ils contribuent à la perte annuelle de milliers d’hectares de forêts. L’exploitation de certains produits forestiers mérite d’être rationalisée. Enfin, l’exploitation minière, de plus en plus importante dans cette zone, ne tient pas toujours compte de la préservation de l’environnement.
    CASAMANCE
    • Les eaux de surface sont fortement salinisées. Au niveau du fleuve Casamance, l'intrusion des eaux marines s'étend sur près de 200 km (vers Diana Malari/Sédhiou) à partir de l'embouchure, entraînant ainsi une forte salinité notamment en saison sèche ;
    • les sols sont marqués par différentes formes de dégradation : salinisation, acidification, sulfatation des vasières de bas-fonds, formation de tanns (Moyenne et Basse Casamance), érosion hydrique, éolienne et ensablement des rizières, notamment pour les sols peu profonds reposant sur cuvettes latéritiques impénétrables (Moyenne et Haute Casamance). Partout la fertilité des sols a baissé. Les activités agricoles contribuent à la dégradation des ressources en sols ;
    • la végétation subit une dégradation poussée sous l’effet des défrichements, des coupes, des feux de brousse, de l'exploitation des zones de riziculture, de l’exploitation abusive et anarchique de certaines espèces comme le vène et les palétuviers de la mangrove. Cette situation est accentuée par l'exploitation des produits contingentés (charbon de bois, le bois d'oeuvre et d'artisanat ainsi que le bois de service). Les feux de brousse fréquents dans la région en saison sèche affectent sérieusement la diversité biologique (destruction des semences et d'organes de production, tares sur les arbres d'essence noble, destruction de la biomasse herbacée, destruction d'espèces rares).
    • aménagement forestier,
    • reboisement et développement de l’agro-foresterie,
    • lutte contre l’acidification des sols ainsi que la salinisation des terres et des nappes,
    • lutte anti-érosive,
    • lutte contre les feux de brousse,
    • maîtrise de l’eau,
    • valorisation des produits de cueillette.
    De même que pour la zone précédente, les actions menées dans le cadre de programmes d’aménagement forestier n’ont pas permis d’inverser les tendances d’exploitation irrationnelle des ressources forestières de la zone. Les ouvrages de retenue et les diguettes anti-sel ont permis de récupérer beaucoup de terres jadis salinisées. Le développement de l’agroforesterie a permis l’accroissement de produits de cueillette qui contribuent grandement dans les revenus des producteurs. Quant aux feux de brousse, ils contribuent à la perte annuelle de milliers d’hectares de forêts.