Le tableau suivant présente létat des ressources
naturelles ainsi que le bilan des actions de lutte contre la
désertification au niveau des zones éco-géographiques.
| ZONES ECO- GEOGRAPHIQUES
|
ETAT DES RESSOURCES NATURELLES
PRINCIPAUX PROBLEMES DE
DESERTIFICATION
|
ACTIONS DEJA MENEES
|
RESULTATS
OBTENUS
PRINCIPAUX
ENSEIGNEMENTS
|
| VALLEE DU
FLEUVE SENEGAL |
- la pluviométrie a fortement
baissé et les eaux de surface de la vallée sont
menacées par les pollutions et nuisances
provenant des rejets industriels et des
aménagements hydro-agricoles ;
- le déchaînement des vents de
sable a longtemps soumis les sols à une forte
érosion. En plus, les coupes pour le charbon de
bois, les feux de brousse et l'extension des
cultures ont contribué à la dégradation des
sols. La mauvaise qualité des aménagements et
l'absence de systèmes de drainage pour la
plupart des périmètres irrigués constituent
les plus grandes menaces qui pèsent actuellement
sur les sols. Au niveau du Delta, la salinisation
des sols a abouti à la naissance de tanns
constitués de bandes importantes de terres
dénudées, ce qui aggrave l'érosion éolienne
et hydrique. L'alcalinisation des sols induite
par l'eau d'irrigation ainsi que l'utilisation
d'engins lourds conduisent à la destruction de
leur structure ;
- les formations forestières sont
fortement dégradées et les forêts de Gonakié,
caractéristiques de la zone sont en voie de
disparition ainsi que les forêts galeries
situées le long des cours d'eau. Cette
dégradation des habitats de la faune a eu comme
conséquence la disparition de certaines espèces
animales. On note également une non intégration
de larbre dans les périmètres irrigués.
|
Reboisement, protection et
régénération des forêts de Gonakié,
mise en défens, et lutte
anti-érosive,
lutte contre les feux de brousse,
maîtrise de leau à travers
les aménagements hydro-agricoles,
recherche dénergie de
substitution notamment la valorisation de la
paille de riz comme combustible domestique,
formation, éducation,
sensibilisation environnementale des écoliers,
étude de limpact des
barrages sur lenvironnement .
|
On a
cependant noté des résultats mitigés pour certaines
actions et encourageants pour dautres. En effet,
les actions de mise en défens de certaines zones
dégradées ont connu un succès réel et il est
judicieux détendre cette pratique aux zones les
plus sensibles. Pour ce qui est de la maîtrise de
leau, le maintien en permanence dun plan
deau douce en amont de Diama a permis
daméliorer la recharge des nappes alluviales et le
remplissage des dépressions comme le lac de Guiers.
Cependant, labsence dun drainage correct des
périmètres irrigués a favorisé lacidification
et la salinisation des sols dans certaines localités.
Lexpérience de valorisation de la paille de riz
sest heurtée à quelques problèmes techniques et
financiers qui sont susceptibles de trouver une solution
dans le cadre dun partenariat entre producteurs,
industriels et établissements financiers. |
| NIAYES NIAYES
|
la
surexploitation des eaux souterraines entraîne leur
salinisation du fait de l'intrusion des eaux marines
(biseau salé). La forte urbanisation a entraîné des
difficultés de recharge de la nappe infrabasaltique du
fait de la réduction progressive des zones
d'infiltration des eaux pluviales, notamment à Dakar ;
On note également une pollution des eaux due aux
effluents industriels.
- la zone des Niayes est marquée
par une dynamique dunaire provoquée par la
remobilisation du sable sous leffet du
vent. Dans cette zone, les dunes menacent les
cultures maraîchères et les routes; les sols
sont salinisés et les bas fonds ont récemment
été recouverts de sable ;
- le couvert végétal est fortement
dégradé sous l'effet combiné de la baisse de
la pluviométrie, de la disparition des réserves
d'eau de surface et des activités
socio-économiques (déboisement, extension des
cultures, développement des mines et carrières,
concentration de cheptel).
|
- fixation des dunes du littoral et
protection des cuvettes maraîchères,
- reboisement danciennes zones
dexploitation minière,
- régénération des plantations de
filaos
|
Si les
opérations de fixation de dunes ont connu un succès
réel et ont contribué à laccroissement de la
production maraîchère de la zone, il se pose
actuellement le problème de laménagement des
plantations de filaos, afin dassurer leur
pérennité. En outre lurbanisation continue de
saccentuer dans cette zone avec comme conséquence
la destruction de certaines formations végétales et la
surexploitation des nappes qui entraîne leur
salinisation. Les zones dexploitation minière sont
rarement remises en état. |
| BASSIN
ARACHIDIER |
- le tarissement des points d'eau,
la salinisation des nappes phréatiques,
l'insuffisance et la déficience des
infrastructures hydrauliques ont aggravé la
réduction des espaces agricoles et pastoraux ;
- l'érosion éolienne, hydrique et
chimique (saline) entraîne l'épuisement, la
salinisation et l'acidification des sols. Dans la
partie littorale de la zone, l'attention est
retenue par la pointe de Sangomar qui est
pratiquement détruite, en même temps que
d'importantes superficies de mangrove ;
- la destruction du couvert
végétal est très avancée. Dans certains
départements, il n'y a plus aucune formation
forestière (Mbacké, Diourbel). La perte de
biodiversité est énorme du fait de la
destruction des habitats naturels. On note
également un vieillissement des parcs
agroforestiers.
|
- reboisement et développement de
lagro-foresterie,
- mise en défens et lutte
anti-érosive,
- lutte contre les feux de brousse,
- lutte contre la salinisation des
sols et des nappes,
- construction et vulgarisation des
foyers améliorés.
|
Les actions
de récupération des terres salées ont connu quelques
succès qui restent à être appliquées à toutes les
zones touchées. Les pratiques agroforestières ont
permis le maintien de la fertilité des sols et
laccroissement de la production dans certaines
zones et méritent dêtre renforcées, de même que
la mise en défens des zones sensibles. Limpact de
lutilisation des foyers sur léconomie de
combustible ligneux, même sil est jugé
globalement positif, na pas fait lobjet
dune évaluation. Les actions de CES/DRS ont
contribué au niveau de beaucoup dendroits à
atténuer les effets de lérosion hydrique et
mériteraient dêtre généralisées. Le
remembrement de certaines zones dans le cadre dun
plan daménagement intégré des terroirs mérite
dêtre envisagé. |
| ZONE
SYLVO-PASTORALE |
- la baisse de la pluviométrie a
contribué à rendre difficile l'accès à l'eau
dans la zone malgré l'existence de programmes
destinés à apporter un appui aux populations.
L'absence d'eau de surface sur de vastes zones,
l'ensablement et l'assèchement des mares et
marigots, la détérioration de la qualité des
eaux de surface existantes, l'abaissement de la
nappe phréatique et les pannes de forage
constituent de réels problèmes ;
- la zone se caractérise par la
pauvreté des sols dénudés soumis à l'érosion
éolienne, hydrique et à la salinisation. Cette
dégradation des terres réduit les
potentialités agricoles. Les vents de sable
fréquents dans la zone, surtout en saison
sèche, peuvent être source de pollution
atmosphérique ;
- la dégradation des ressources
végétales se manifeste partout dans la zone par
un éclaircissement du couvert végétal auquel
s'associe souvent un état végétatif médiocre
des formations ligneuses. Le poids des facteurs
climatiques défavorables se traduit par une
mortalité et une baisse des possibilités de
régénération naturelle fortement ressenties
sur les peuplements de Gonakié dans les zones de
cuvettes. Dans certaines parties, apparaît une
multiplication des sujets indicateurs de
dégradation, tels Calotropis procera. Par
endroits on note une disparition des trois quarts
des peuplements de gommiers (Acacia sénégal)
et dautres ligneux avec comme
conséquence la réduction du capital fourrager.
La recrudescence des feux de brousse constitue
également une menace réelle sur les ressources
végétales.
|
aménagement pastoral,
reboisement et développement de
lagro-foresterie,
mise en défens et lutte
anti-érosive,
lutte contre les feux de brousse,
construction et vulgarisation des
foyers améliorés,
maîtrise de leau.
|
Les actions
menées dans le cadre de programmes daménagement
pastoral à travers la création dunités
pastorales constituent une réussite. Les mises en
défens ont permis la régénération de certaines
formations végétales et lon a même observé par
endroits au retour de la faune. Cette forme de lutte
mérite dêtre renforcée. Quant à la lutte contre
les feux de brousse, malgré les nombreux efforts de
l'Etat et des populations, les résultats restent
mitigés vu le nombre de cas et les superficies qui
continuent de brûler chaque année. La stratégie
dimplantation des forages mérite dêtre
revue car lon assiste dans certaines zones au
tarissement des nappes du à un mauvais maillage et à
une surexploitation. Limpact de lutilisation
des foyers sur léconomie de combustible ligneux,
même sil est jugé globalement positif, na
pas fait lobjet dune évaluation. Les actions
de CES/DRS ont contribué au niveau de beaucoup
dendroits à atténuer les effets de
lérosion hydrique et mériteraient également
dêtre généralisées. |
| CENTRE-EST ET
SUD-EST |
- les ressources en eau de surface
sont affectées par une baisse généralisée des
quantités de pluie qui se combine avec
l'évaporation pour provoquer un assèchement
précoce des mares et marigots temporaires. La
disparition des points d'eau constitue un facteur
aggravant ;
- les ressources en sol connaissent
une érosion hydrique intense (ravinement très
prononcé), notamment dans le Boundou où se
forment des zones impropres à l'agriculture.
Dans la partie sud, l'érosion hydrique est plus
nocive encore à cause de la présence d'une
cuirasse sub-affleurante ;
- les formations forestières
régressent à cause des défrichements abusifs
à des fins agricoles qui s'étendent jusqu'aux
berges colonisées par la forêt galerie. Ces
massifs sont exploités pour la production du
charbon de bois. Les écosystèmes forestiers de
la zone s'appauvrissent en termes de
biodiversité à cause de l'exploitation abusive
de certaines espèces tels que le karité, voire
la disparition pure et simple d'autres. Ils
connaissent ainsi un processus de savanisation
dans certaines parties, renforcé par l'action
récurrente de feux de brousse.
|
aménagement forestier,
reboisement et développement de
lagro-foresterie,
mise en défens et lutte
anti-érosive,
lutte contre les feux de brousse,
création de points deau.
|
Les actions
menées dans le cadre de programmes daménagement
forestier nont pas permis dinverser les
tendances dexploitation irrationnelle des
ressources forestières de la zone qui font partie par
ailleurs des dernières réserves du pays. Les ouvrages
mécaniques et biologiques réalisés dans le cadre de la
lutte contre lérosion hydrique ont donné des
résultats assez satisfaisants et méritent dêtre
généralisés. Quant aux feux de brousse, ils
contribuent à la perte annuelle de milliers
dhectares de forêts. Lexploitation de
certains produits forestiers mérite dêtre
rationalisée. Enfin, lexploitation minière, de
plus en plus importante dans cette zone, ne tient pas
toujours compte de la préservation de
lenvironnement. |
| CASAMANCE |
- Les eaux de surface sont fortement
salinisées. Au niveau du fleuve Casamance,
l'intrusion des eaux marines s'étend sur près
de 200 km (vers Diana Malari/Sédhiou) à partir
de l'embouchure, entraînant ainsi une forte
salinité notamment en saison sèche ;
- les sols sont marqués par
différentes formes de dégradation :
salinisation, acidification, sulfatation des
vasières de bas-fonds, formation de tanns
(Moyenne et Basse Casamance), érosion hydrique,
éolienne et ensablement des rizières, notamment
pour les sols peu profonds reposant sur cuvettes
latéritiques impénétrables (Moyenne et Haute
Casamance). Partout la fertilité des sols a
baissé. Les activités agricoles contribuent à
la dégradation des ressources en sols ;
- la végétation subit une
dégradation poussée sous leffet des
défrichements, des coupes, des feux de brousse,
de l'exploitation des zones de riziculture, de
lexploitation abusive et anarchique de
certaines espèces comme le vène et les
palétuviers de la mangrove. Cette situation est
accentuée par l'exploitation des produits
contingentés (charbon de bois, le bois d'oeuvre
et d'artisanat ainsi que le bois de service). Les
feux de brousse fréquents dans la région en
saison sèche affectent sérieusement la
diversité biologique (destruction des semences
et d'organes de production, tares sur les arbres
d'essence noble, destruction de la biomasse
herbacée, destruction d'espèces rares).
|
- aménagement forestier,
- reboisement et développement de
lagro-foresterie,
- lutte contre lacidification
des sols ainsi que la salinisation des terres et
des nappes,
- lutte anti-érosive,
- lutte contre les feux de brousse,
- maîtrise de leau,
- valorisation des produits de
cueillette.
|
De même que
pour la zone précédente, les actions menées dans le
cadre de programmes daménagement forestier
nont pas permis dinverser les tendances
dexploitation irrationnelle des ressources
forestières de la zone. Les ouvrages de retenue et les
diguettes anti-sel ont permis de récupérer beaucoup de
terres jadis salinisées. Le développement de
lagroforesterie a permis laccroissement de
produits de cueillette qui contribuent grandement dans
les revenus des producteurs. Quant aux feux de brousse,
ils contribuent à la perte annuelle de milliers
dhectares de forêts. |