1.2. Contexte socio-économique

La population est passée de trois millions en 1960 à 5 millions en 1976 et 6,9 millions en 1988. En 1993, les projections indiquaient un effectif d'environ 8 millions d'habitants dont 3,2 millions sont des citadins. Le Sénégal a le plus fort taux d'urbanisation de la région sahélienne. Cette population est inégalement répartie sur le territoire : 6,8 habitants/Km2 dans la région de Tambacounda contre 2.707 habitants/km2 dans l'agglomération dakaroise.

La croissance démographique nationale est estimée à 2,9 % en zone urbaine et 2,1 % en zone rurale. Si cette tendance se maintient, la population du pays atteindra 12,6 millions vers l'an 2010, avec une forte concentration dans la région de Dakar où la densité sera de l'ordre de 6.000 habitants/Km2. Cette évolution démographique n'est pas proportionnelle à la croissance économique qui suit une tendance négative.

Les politiques d'ajustement structurel mises en œuvre depuis 1978 ont fini avec la récente dévaluation du franc CFA par faire entrevoir une lueur d'espoir de restauration des équilibres macro-économiques et macro-financiers. Ces politiques ont produit, sinon favorisé, l'extension de la pauvreté tant en milieu rural qu'en milieu urbain.

Le produit intérieur brut du Sénégal était estimé à 1.490 milliards de F CFA en 1990. La contribution du secteur agricole est prépondérante avec 23 %. Près de 70 % de la population, à majorité rurale, travaille dans ce secteur. L'évolution du secteur agricole au cours des cinquante dernières années, essentiellement dominée par la culture de l'arachide, semble avoir renforcé le rôle des oligarchies confrériques dont l'influence n'a cessé de s'accroître, du fait de leur poids électoral. Ces groupes ont joué un rôle moteur dans l’expansion de la culture arachidière.

L'industrie et les mines contribuent pour 18 % au PIB. Le secteur énergétique est fortement dominé par les importations de produits pétroliers (près de 47 milliards).

La biomasse énergétique tient une place prépondérante dans la consommation des ménages sénégalais, avec le bois et le charbon de bois qui sont utilisés en grande quantité par les ménages, au détriment des ressources ligneuses de plus en plus réduites.

L'exploitation des mines et carrières se développe dans la région de Thiès où elle cause des ravages sur le couvert végétal et les sols. L'extraction pétrolière " off shore " est imminente en Casamance, tandis que les gisements d'or, de marbre et de fer du Sénégal oriental suscitent de grands espoirs. La tourbe découverte dans la zone des Niayes pourrait, à l'avenir, faire l'objet d'exploitation à des fins de production d'énergie.

Ces divers éléments démontrent l'urgence d'une planification rigoureuse de l'utilisation des ressources naturelles.