1.2 Ressources en sol
Au Sénégal, la formation des différents types de sol a été fortement influencée par le modelé, lévolution climatique du pays et son histoire géomorphologique. Autrement dit, il faut prendre en compte limportance des précipitations, la nature de la roche mère, le relief régional ou local et les effets induits par les actions anthropiques pour appréhender le processus de formation des sols et les transformations pédologiques en cours au niveau des grandes régions naturelles.
Fig.1 : Carte des sols du Sénégal
EROS DATA CENTER/CSE
Zone Sud-Est
Cette zone est caractérisée par les sols caillouteux des plateaux de grès des contreforts du Fouta Djallon. Les vertisols se sont formés sur les bassins-versants et les plaines argileuses que traverse la Basse Falémé. On y trouve aussi des sols ferrugineux généralement lessivés sur les cuirasses ferrugineuses qui couvrent les collines.
Zone des plateaux du bassin sédimentaire
Au niveau de cet ensemble, le modelé est généralement uniforme, mais les sols changent progressivement du Nord au Sud en fonction de laccroissement de la pluviosité. Ainsi, dans le Ferlo septentrional et à lOuest du Lac de Guiers se sont formés :
Dans cette zone, on trouve des sols caillouteux et des sols peu évolués dérosion issus de la fragmentation de la cuirasse ferrugineuse qui couvre les plateaux de Thiès, du Ferlo oriental et méridional et ceux de la Haute Casamance. Enfin, des sols calcaires et des vertisols sont présents sur laxe Mbour-Joal et dans la région de Matam.
Zone de la vallée du Sénégal et régions littorales
Du fait des transgressions marines et de lédification par le fleuve Sénégal de bourrelets de berge et dun Delta très allongé, on note dans cette zone laccumulation de sable fin et de limon. Ces alluvions portent divers types de sols hydromorphes, halomorphes, alluviaux et vertisols.
Le colmatage progressif par des dépôts de vase des golfes que la mer avait formés en Basse Casamance et au Sine-Saloum, a donné des sols de mangrove gris-noir et gorgés deau où poussent les palétuviers. En Casamance comme au Sine-Saloum, on note de vastes étendues de tanns qui sont des sols salés.
La presqu'île du Cap Vert est couverte de sols ferrugineux non lessivés qui reposent sur les anciens cordons dunaires (ogolien). Les sols hydromorphes (Niayes) apparaissent dans les dépressions interdunaires, tandis que des sols à minéraux bruts forment des dunes récentes et actuelles.
Dans lensemble du pays, les ressources en sol connaissent des phénomènes de dégradation (salinité, acidification, érosion éolienne et hydrique, etc.) qui sont provoqués par plusieurs facteurs : baisse de la pluviométrie, adoption de techniques et de pratiques culturales non adéquates, dépassement des capacités de charge au niveau de certains écosystèmes, accroissement de la compétition sur des espaces de moins en moins productifs, etc.
L'étude réalisée en 1984 dans le cadre du schéma national d'aménagement du territoire indique que 47 % des sols sont médiocres ou inaptes à l'agriculture, tandis que 36 % présentent des facteurs limitants qui entraînent de faibles rendements.
Tableau 1 : Potentiel et utilisation des terres par région agricole naturelle (x 1000 ha)
(source : Processus délaboration du PNAE, CONSERE, 1995)
| Type de terres et exploitations | Casamance | Sénégal oriental | Bassin arachiDier |
Zone sylvo- pastorale |
Fleuve Sénégal |
Niayes | Total |
| Terres
arables Cultures pluviales Cultures irriguées Cultures de décrue Non cultivé Total |
297,3 1,2 - 451,5 750,0 20 % |
161,5 0,8 - 237,7 400,0 (10 %) |
1748,9 0,6 - 419,2 216,7 (57%) |
107,8 - - 42,2 150,0 (4%) |
40,0 60,0 30,0 170,0 300,0 (8%) |
17,2 6,4 - 12,6 36,2 (1%) |
2372,7 69,9 30,0 1333,2 3804,9 (100%) |
| Forêts, savanes parcours classés (32%) | 685,0 | 2000,0 | 760,8 | 2039,5 | 750,0 | 89,3 | 6324,6 |
| Zones non classées et terres non cultivables | 1400,0 | 3000,7 | 1313,2 | 1888,1 | 1785,5 | 154,7 | 9542,5 |
| Ensemble | 1835,0 | 5400,7 | 4242,7 | 4077,6 | 2835,8 | 280,2 | 19672,0 |
Au total, les terres arables représentent seulement 19 % de la superficie du pays (3,8 millions d'hectares). Annuellement, les mises en valeur agricoles ne portent que sur 65 % des terres arables (2,5 millions d'hectares). En outre, la plupart des terres cultivées le sont seulement pendant l'hivernage, de sorte que l'activité agricole est exposée aux aléas climatiques. Il faut signaler que 2 % seulement des terres sont mises en valeur grâce à l'irrigation.