3.4. Suivi /Evaluation de la mise en uvre du PAN
Afin de permettre aux acteurs de disposer dinformations pertinentes sur le processus de désertification au Sénégal et la mise en uvre du PAN/LCD, un Système dInformation sur la Désertification a été élaboré. Il constitue un système de circulation de linformation entre les différents acteurs et est régi par une charte informationnelle qui fixe les obligations de chacun.
Le dispositif de suivi-évaluation à mettre en place doit permettre à tous les acteurs, de suivre et dévaluer en temps réel, les actions structurantes et les actions opérationnelles.
3.4.1. Suivi/évaluation des actions structurantes(voir tableau 5)
Les actions structurantes ont pour objectif de créer les conditions propices à une lutte efficace contre la dégradation des terres et des autres ressources naturelles. Les indicateurs de suivi définis pour ces types d'actions permettent de savoir si les changements souhaités ont été effectivement opérés.
Limpact de ce type dactions sur la réduction des effets de la désertification est qualitatif et est généralement perceptible dans le moyen et long terme. Il est cependant difficile de mesurer cet impact parce que les facteurs sur lesquels portent ces actions sont nombreux et imbriqués. En effet, des changements résultant par exemple de modifications de textes de lois ou de la mise en place d'unités régionales fonctionnelles de planification pour le renforcement des capacités institutionnelles à la base, mettent en jeu des paramètres multiples.
Tableau 5 : GRILLE DE SUIVI /EVALUATION DES ACTIONS STRUCTURANTES
OBJECTIFS |
RESULTATS ATTENDUS |
ACTIONS A MENER |
INDICATEURS |
PARAMETRES DEVALUATION |
|
- lONC
est fonctionnel et garantit la participation effective
des acteurs - un corpus juridique intégrant et harmonisant les différentes législations sectorielles en matière de LCD existe - le PAN est intégré dans le dispositif de planification économique et social - la dimension sous-régionale de la LCD est prise en compte - le PAN constitue le document de référence national en matière de lutte contre la désertification |
- maintenir
et renforcer le caractère pluri-disciplinaire et
inter-sectoriel de lONC - mettre en cohérence les différentes législations sectorielles dans un cadre intégrateur - garantir larticulation entre le PAN, le PODES, le PNAE et les autres cadres stratégique dans la mise en uvre des programmes - harmoniser le PAN avec les programmes sous-régionaux de LCD - amener tous les acteurs à faire du PAN un document de référence |
- ONC
opérationnel - existence dun corpus juridique intégrateur - degré de référence au PAN dans les projets et programmes de LCD |
- ancrage
institutionnel, composition et mode de fonctionnement et
ressources de lONC - représentation des ANG et modalités de leur participation à lONC - adéquation entre les projets/programmes de LCD et le contenu du PAN |
| - une
expertise en matière de planification, dexécution
et de suivi/évaluation des actions de LCD est
développée au sein des organisations de base - des capacités matérielles et financières des organisations de base sont renforcées - la participation des ANG au processus est effective |
- organiser
des sessions de formation en matière dorganisation
technique et financière - favoriser léchange dexpériences entres organisations - capitaliser les connaissances et savoir-faire locaux |
-
effectivité des mesures de renforcement des capacités
locales - capacité des acteurs à la base délaborer, dexécuter et dévaluer les projets et programmes |
- pertinence
des thèmes de formation et déchanges
dexpérience - degré de responsabilisation des organisations de base dans la GRN - implication des acteurs à la base dans le processus de suivi/évaluation |
|
| - une
coopération entre tous les acteurs, pour une mise en
uvre concertée du PAN est instituée - un soutien effectif et constant des bailleurs de fonds est acquis |
- élaborer
et signer des accords de partenariat pour la mise en
uvre du PAN - maintenir et renforcer le mécanisme de pilotage collectif du PAN dans le cadre de sa mise en uvre - mettre en place un dispositif permettant une implication technique des bailleurs de fonds dans la mise en uvre du PAN |
-
participation effective des ANG et des bailleurs de fonds
à la mise en oeuvre du PAN - existence daccords de partenariat |
- nombre et
types daccords conclus - nombre de bailleurs de fonds et dANG participant au processus décisionnels du PAN - présence dans les réunions et fora - nombre et nature des activités conduites par les catégories dacteurs |
|
| - un
dispositif permanent dinformation sur létat
de la LCD et la mise en uvre du PAN au Sénégal
est opérationnel - un dispositif de suivi !évaluation de la mise en uvre du PAN est fonctionnel |
- rendre le
SID opérationnel - élaborer des rapports périodiques sur létat de la LCD et la mise en uvre de la CCD - élaborer au niveau de chaque cadre de partenariat une grille de suivi /évaluation de limpact des actions opérationnelles |
- existence
dinformations pertinentes sur létat de la
LCD et la mise en uvre de la CCD - pertinence de la grille dévaluation de limpact des actions opérationnelles |
- rapports et
autres publications - fonctionnalité et pertinences des informations du SID |
|
| - les
ressources financières nécessaires à la mise en
uvre des actions retenues dans le PAN sont
mobilisées - la FNE participe de manière effective et substantielle au financement des actions retenues |
- rendre la
FNE opérationnelle - identifier les sources et mécanismes complémentaires de financement du PAN - amener les acteurs à sengager formellement, en fonction de leurs possibilités, au financement des actions |
- existence
de ressources financières - degré de mobilisation des ressources au profit de la FNE - participation des ANG et bailleurs de fonds au financement des activités - niveau de décentralisation et modalités de fonctionnement de la FNE |
- montant et
source des financements mobilisés - nombre, nature et localisation des projets financés - facilité daccès au financement et flexibilité |
3.4.2. Suivi/évaluation des actions opérationnelles (voir tableau 6)
Limpact des actions opérationnelles est à la fois quantitatif et qualitatif. Par conséquent, il peut être mesuré. Cette mesure nécessite ladoption dindicateurs caractérisant la situation de référence et celle qui est appréciée à un instant précis.
Un certain nombre dindicateurs peut être retenu dans le cadre de leur suivi. Ces indicateurs seront reprécisés ou réactualisés en fonction de la zone et en accord avec les partenaires chargés de la mise en uvre des différentes actions prévues. De manière globale, les objectifs retenues dans le PAN concernent :
1. la lutte contre la salinisation et lacidification des sols ;
2. la régénération des formations naturelles dégradées ;
3. la mise en défens des zones sensibles ;
4. la protection de certaines espèces menacées ou en danger ;
5. la restauration et le repeuplement des habitats naturels dégradés ;
6. la lutte contre lérosion éolienne et hydrique ;
7. la lutte contre les feux de brousse ;
8. la maîtrise des eaux souterraines et de surface ;
9. la création de bois de villages multifonctionnels ;
10. la mise en place de réserves fourragères ;
11. léconomie dénergie et la promotion dénergie nouvelles et renouvelables ;
12. lélaboration de plans de gestion intégrée des terroirs.
Dans le cadre de la mise en uvre du PAN, une phase prioritaire a été retenue. En effet, à lissue de la première réunion du Forum National, les acteurs sont convenus dun Programme dActions Prioritaires qui doit permettre de répondre aux préoccupations les plus urgentes. Ce programme daction, qui a fait lobjet dune formulation sur le terrain, est joint en annexe.
Tableau 6 : GRILLE DE SUIVI /EVALUATION DES ACTIONS OPERATIONNELLES
OBJECTIFS |
RESULTATS ATTENDUS |
ACTIONS A MENER |
INDICATEURS |
PARAMETRES DEVALUATION |
| La capacité productrice des sols est améliorée | - mettre en
place un système de drainage efficace au niveau des
périmètres irrigués, - contrôler et traiter les rejets de lirrigation, - construire des digues anti-sel, - régénérer les sols salés avec des espèces tolérantes, - enrichir de manière organique et minérale les sols dégradés |
- performance
des systèmes de drainage et des ouvrages construits, - productivité des sols |
- superficies
régénérés, - rejets contrôlés, - ouvrages construits - rendement des productions végétales - évolution du régime nutritif des sols (fertilité) |
|
| - la
productivité des formations naturelles est améliorée, - les habitats naturels ont été restaurés et repeuplés, - les espèces menacées sont protégées |
- aménager
les formations naturelles et les zones de parcours, - mettre en défens les zones sensibles, - restaurer et repeupler les habitats naturels |
- existence
de plans daménagement des formations naturelles, - état dévolution des zones mises en défens, - état dévolution des espèces introduites ou protégées, - augmentation de la diversité biologique |
- nombre de
formations régénérées, - contenu de plans daménagement, - taux de régénération des zones mises en défens, - nombre despèces introduites ou protégées, - taux de survie |
|
| - les
cuvettes maraîchères sont protégées, - les eaux de surface sont maîtrisées, - les berges et les surfaces cultivables sont protégées |
- renforcer
les opérations de fixation des dunes, - mettre en place un rideau de brise vent, - développer la ligniculture intensive, - réaliser des ouvrages mécaniques et biologiques de retenue des eaux de ruissellement |
-
productivité des zones protégées, - efficacité des ouvrages de protection |
- nombre
douvrages réalisés, - superficies des surfaces protégées, - rendement des productions |
|
| - la
production alimentaire, fourragère et en énergie
ligneuse a augmenté, - les revenus des populations ont augmenté, |
- mettre en
place des bois de villages multifonctionnels, - mettre en place des réserves fourragères, - valoriser les produits de cueillette, - renforcer lélevage domestique de la petite faune, - développer la pisciculture |
- diversité
et qualité de la production, - système de commercialisation, - autoconsommation, - capacité dépargne des populations |
- quantité
et qualité de la production, - quantité de produits écoulés, - taux dauto-consommation, - taux dépargne |
|
| Les besoins en eau des populations, sur les plans quantitatif et qualitatif sont satisfaits | - recharger
les nappes phréatiques, - assurer un maillage adéquat des forages, - mettre en place des systèmes de captage et dutilisation des eaux de pluies, - développer la micro-irrigation, - aménager des points deau, |
-
disponibilité et accès à leau, - fonctionnement des forages, - existence et fonctionnement des mini-barrages |
- nombre de
points deau et douvrages construits, - quantité et qualité de leau, |
|
| - les feux de
brousse sont contrôlés, - les zones dexploitation minière sont réhabilitées |
- réaliser
des réseaux de pare-feu, - rationaliser la pratique des feux précoces, - élaborer et mettre en uvre des programmes de réhabilitation des zones dexploitation minière dégradées |
- situation
évolutive des feux de brousse, - degré de réhabilitation des zones minières dégradées |
- nombre de
cas de feux et superficies brûlées, - nombre de zones et superficies réhabilitées |