1.3 Ressources végétales

Au Sénégal, les formations forestières varient du type guinéen à l'extrême Sud du pays, au type sahélien à la pointe Nord. Entre ces deux extrêmes, on rencontre toutes les variantes des peuplements de type soudanien. La transition est rarement brutale entre ces différents types et c'est souvent d'ailleurs l'interpénétration qui est la règle. C'est le cas des galeries forestières qui permettent aux essences du Sud de remonter vers le nord.

La gamme des formations forestières est très variée. Elle passe de celles qui sont dites sèches denses au Sud-Est, à la steppe arbustive au Nord, en passant par la savane arborée à l'Est et au Centre.

Le domaine sahélien, correspondant à la zone sylvopastorale, est caractérisé par une végétation arbustive et arborée dominée par les épineux avec essentiellement des Acacia. On y rencontre également des espèces telles que Boscia senegalensis, Balanites aegyptiaca, Combretum glutinosum, Pterocarpus luscens et Dalbergia sp. Les graminées rencontrées sont essentiellement Eragrotis tremula, Cenchrus bifloris et Schoenofeldia gracilis.

Le domaine sahélo-soudanien, qui couvre le bassin arachidier, se caractérise par une savane arbustive boisée avec une forte dominante des systèmes à parcs à Faidherbia, Borassus, Adansonia, Cordyla, Sterculia et Combretum. Dans les tanns, on note la présence de Tamarix pour les ligneux et Borreria pour les herbacées. Le tapis herbacé est cependant dominé par Andropogon, Pennisetum et Zornia.

Le domaine soudano-guinéen, qui correspond au Sénégal Oriental et à la Casamance, est occupé par une forêt humide dominée par les grands arbres tels que Khaya, Afzelia, Pterocarpus, Daniella, Chlorophora et Ceiba. La strate herbacée est constituée de graminées grossières que sont Andropogon et Spermacoce. Dans l’estuaire du fleuve Casamance, on rencontre Rhiziphora et Avicennia dans la mangrove.

La partie inondable du fleuve Sénégal est la zone des forêts à Acacia nilotica var. tomentosa (gonakié).

Le couvert végétal a connu une réduction considérable au cours des trois dernières décennies à cause de l'avancée des fronts agricole et charbonnier dont les effets sont renforcés par la sécheresse contemporaine. Entre 1981 et 1990, le potentiel ligneux a connu une baisse de 18 millions de m3. En termes de surface, on estime qu'au cours de la même période, le couvert végétal a accusé une régression de 800.000 hectares .

Pour compenser ces pertes, le reboisement a été retenu depuis trente ans comme stratégie de lutte. Mais, les résultats obtenus sont mitigés : 159.000 ha seulement ont été réalisés entre 1981 et 1990. Malgré les incertitudes qui pèsent sur les statistiques forestières, les données disponibles permettent de mesurer l'ordre de grandeur des pertes qui pourraient être estimées à quelques 641.000 ha de forêts en l'espace de dix années. Par ailleurs, on estime que 60 % environ des mangroves et forêts alluviales ont disparu depuis 1970 à cause des aménagements agricoles, de la sursalure des sols, etc.