• 1.1.1 agriculture

    . Etat des lieux

  • L’agriculture représente environ 15 % du PIB et 2/3 du produit de l’ensemble du secteur primaire. Les orientations prioritaires de ce secteur dans le cadre de la nouvelle politique agricole mise en oeuvre au début de la décennie 1980 concernent de nombreux domaines parmi lesquels on distingue :

  • - la stabilisation de la production par une action sur les facteurs de production (semences, engrais, matériels agricoles, etc.) et les prix aux producteurs ;

    - la responsabilisation des producteurs consécutivement au désengagement progressif de l’Etat (facilitation de l’accès au crédit, gestion communautaire de certains équipements collectifs, etc.) ;

    - la maîtrise de l’eau (aménagements hydro-agricoles, équipements hydrauliques, etc.) ;

    - l’atténuation des effets de la désertification, notamment par des actions plus soutenues de préservation du patrimoine forestier.

  • Toutes ces options doivent participer à la concrétisation de l’objectif fondamental que constitue la sécurité alimentaire.

    Le secteur de l’agriculture pèse de façon significative sur la balance commerciale du Sénégal. Il constitue en effet la base de la production alimentaire dont le déficit conduit le pays à recourir à des importations qui grèvent lourdement la balance commerciale.

    La politique de sécurisation alimentaire qui s’appuie notamment sur la relance de la production agricole, la maîtrise de l’eau, l’intensification et la diversification agricoles, l’amélioration du stockage et de la transformation des produits récoltés, vise à accroître la productivité générale.

    Les résultats économiques obtenus dans ce secteur n’ont pas encore atteint le niveau escompté. La mise en oeuvre de la politique agricole induit des conséquences sur le plan environnemental autant qu’elle subit en retour les influences des milieux physique et humain.

  • . Prise en compte de la dimension environnementale
  • Les objectifs de développement agricole sont sous-tendus par la prise en compte de l’impact des facteurs naturels défavorables (disponibilités en eau insuffisantes, baisse de fertilité des sols, érosions, etc.) sur les activités productives. Aussi, la lutte contre ces facteurs limitants constitue l’une des composantes majeures des options retenues :

  • - atténuation des effets de la sécheresse sur les systèmes de production ;

    - renforcement de la lutte contre les ravageurs des cultures (acridiens, rongeurs, etc.) ;

    - amélioration du rendement des systèmes de production par une intensification soutenue.

  • Des progrès notables ont été enregistrés (utilisation de variétés adaptées, libéralisation des circuits de commercialisation, mise en place de filières parfois efficaces, etc.). Toutefois, les faiblesses demeurent nombreuses et toutes les contraintes n’ont pas été levées. Elles se présentent notamment sous la forme de pertes de terres agricoles et de recours à des pratiques extensives renforcées par le désengagement de l’Etat dont l’une des conséquences est la baisse de l’utilisation de certains facteurs de production essentiels (engrais, semences sélectionnées, machines agricoles, etc.).

  • . Impacts de l’agriculture sur l’environnement
  • Pour l’essentiel, l’organisation du potentiel de production obéit à des considérations d’ordre économique et stratégique qui visent à promouvoir la diversification des cultures et la réduction de la dépendance alimentaire. Toutefois, la réalisation des objectifs peut être entravée par la non maîtrise des situations existantes ou à venir en rapport avec les mutations en cours ou latentes dans l'espace agraire, particulièrement au niveau des sociétés rurales qui sont confrontées aux nouvelles privatisations (surtout foncière) et aux nécessités de rentabilisation (des équipements communautaires).

    Dans ces conditions, la gestion des ressources naturelles (notamment la terre, l’eau et les forêts) aux niveaux individuel et collectif se présente pour l’ensemble des acteurs comme des espaces de compétition dont l'incidence sur l'environnement sera décisive. Ces enjeux soulignent la nécessité et l'urgence de la mise en place de cadres de concertation décentralisés avec les Plans Régionaux d’Action pour l’Environnement comme outil principal d'aide à la décision et à l'action pour les collectivités locales.

  • . Contraintes, opportunités et actions prioritaires
  • Les problèmes environnementaux liés aux activités du secteur agricole sont complexes. Les contraintes majeures à résoudre à saisir sont les suivantes :

  • - la pression démographique (humaine et animale) entraîne une augmentation de la demande foncière ainsi que la réduction des réserves de terres agricoles et des parcours pastoraux disponibles. Les projections de tendances indiquent l’impossibilité d’inverser le processus de croissance démographique dans des perspectives à court terme ;

    - le recours aux défrichements agricoles dont les manifestations les plus fortes se révèlent dans la progression des fronts pionniers et le raccourcissement des temps de jachère. Ils correspondent à des modes inappropriés d’utilisation des terres agricoles particulièrement contraignants à l’ouest de la région de Kaolack et dans la zone de Tambacounda ;

    - la dégradation des sols par suite de processus d’épuisement, d’érosion, de salinisation et d’acidification (le prix à payer pour restaurer les zones affectées dans l’ensemble du bassin arachidier et en Basse Casamance est très élevé) ;

    - la gestion insuffisante de l’eau (en particulier dans les Niayes) renforcée par une utilisation concurrentielle de la ressource (alimentation urbaine / usage agricole) ;

    - le drainage pose des problèmes liés principalement aux coûts de mise en place des ouvrages et à la mauvaise maîtrise du fonctionnement des réalisations (incidence environnementale forte dans la vallée du fleuve Sénégal).

  • La principale opportunité réside dans le fait que l’option en faveur de l’intensification (irrigation et cultures de contre saison) permet d’envisager une certaine économie dans l'utilisation des ressources foncières. A cet effet, l’accélération de la diffusion des techniques d’intensification doit revêtir un caractère de priorité majeure de même que la généralisation des moyens de production à technologie douce et adaptée aux écosystèmes productifs.

    Les actions prioritaires sont de plusieurs ordres :

  • - évaluation de l'impact des systèmes et des choix actuels de production agricole (impact de l'irrigation et de la culture cotonnière par exemple) ainsi que celui de systèmes de production alternatifs ;

    - élaboration de stratégies pour une meilleure intégration de l'agriculture et de la gestion des ressources naturelles par le développement de l'agro-foresterie et la réhabilitation des techniques agro-pastorales ;

  • - intensification des systèmes de production et amélioration des méthodes culturales ;

    - sécurisation foncière ;

    - élaboration de plans d’occupation et d’affectation des sols ;

    - utilisation de paquets technologiques appropriés ;

    - encadrement efficient et responsabilisation des acteurs agraires ;

  • - promotion de pratiques de gestion durable (assolements, rotations, jachère améliorée, utilisation rationnelle de l’engrais et des produits phyto-sanitaires, etc.).