. Etat des lieux
Lagriculture représente environ 15 % du PIB et 2/3 du produit de lensemble du secteur primaire. Les orientations prioritaires de ce secteur dans le cadre de la nouvelle politique agricole mise en oeuvre au début de la décennie 1980 concernent de nombreux domaines parmi lesquels on distingue :
- la responsabilisation des producteurs consécutivement au désengagement progressif de lEtat (facilitation de laccès au crédit, gestion communautaire de certains équipements collectifs, etc.) ;
- la maîtrise de leau (aménagements hydro-agricoles, équipements hydrauliques, etc.) ;
- latténuation des effets de la désertification, notamment par des actions plus soutenues de préservation du patrimoine forestier.
Toutes ces options doivent participer à la concrétisation de lobjectif fondamental que constitue la sécurité alimentaire.
Le secteur de lagriculture pèse de façon significative sur la balance commerciale du Sénégal. Il constitue en effet la base de la production alimentaire dont le déficit conduit le pays à recourir à des importations qui grèvent lourdement la balance commerciale.
La politique de sécurisation alimentaire qui sappuie notamment sur la relance de la production agricole, la maîtrise de leau, lintensification et la diversification agricoles, lamélioration du stockage et de la transformation des produits récoltés, vise à accroître la productivité générale.
Les résultats économiques obtenus dans ce secteur nont pas encore atteint le niveau escompté. La mise en oeuvre de la politique agricole induit des conséquences sur le plan environnemental autant quelle subit en retour les influences des milieux physique et humain.
Les objectifs de développement agricole sont sous-tendus par la prise en compte de limpact des facteurs naturels défavorables (disponibilités en eau insuffisantes, baisse de fertilité des sols, érosions, etc.) sur les activités productives. Aussi, la lutte contre ces facteurs limitants constitue lune des composantes majeures des options retenues :
- renforcement de la lutte contre les ravageurs des cultures (acridiens, rongeurs, etc.) ;
- amélioration du rendement des systèmes de production par une intensification soutenue.
Des progrès notables ont été enregistrés (utilisation de variétés adaptées, libéralisation des circuits de commercialisation, mise en place de filières parfois efficaces, etc.). Toutefois, les faiblesses demeurent nombreuses et toutes les contraintes nont pas été levées. Elles se présentent notamment sous la forme de pertes de terres agricoles et de recours à des pratiques extensives renforcées par le désengagement de lEtat dont lune des conséquences est la baisse de lutilisation de certains facteurs de production essentiels (engrais, semences sélectionnées, machines agricoles, etc.).
Pour lessentiel, lorganisation du potentiel de production obéit à des considérations dordre économique et stratégique qui visent à promouvoir la diversification des cultures et la réduction de la dépendance alimentaire. Toutefois, la réalisation des objectifs peut être entravée par la non maîtrise des situations existantes ou à venir en rapport avec les mutations en cours ou latentes dans l'espace agraire, particulièrement au niveau des sociétés rurales qui sont confrontées aux nouvelles privatisations (surtout foncière) et aux nécessités de rentabilisation (des équipements communautaires).
Dans ces conditions, la gestion des ressources naturelles (notamment la terre, leau et les forêts) aux niveaux individuel et collectif se présente pour lensemble des acteurs comme des espaces de compétition dont l'incidence sur l'environnement sera décisive. Ces enjeux soulignent la nécessité et l'urgence de la mise en place de cadres de concertation décentralisés avec les Plans Régionaux dAction pour lEnvironnement comme outil principal d'aide à la décision et à l'action pour les collectivités locales.
Les problèmes environnementaux liés aux activités du secteur agricole sont complexes. Les contraintes majeures à résoudre à saisir sont les suivantes :
- le recours aux défrichements agricoles dont les manifestations les plus fortes se révèlent dans la progression des fronts pionniers et le raccourcissement des temps de jachère. Ils correspondent à des modes inappropriés dutilisation des terres agricoles particulièrement contraignants à louest de la région de Kaolack et dans la zone de Tambacounda ;
- la dégradation des sols par suite de processus dépuisement, dérosion, de salinisation et dacidification (le prix à payer pour restaurer les zones affectées dans lensemble du bassin arachidier et en Basse Casamance est très élevé) ;
- la gestion insuffisante de leau (en particulier dans les Niayes) renforcée par une utilisation concurrentielle de la ressource (alimentation urbaine / usage agricole) ;
- le drainage pose des problèmes liés principalement aux coûts de mise en place des ouvrages et à la mauvaise maîtrise du fonctionnement des réalisations (incidence environnementale forte dans la vallée du fleuve Sénégal).
La principale opportunité réside dans le fait que loption en faveur de lintensification (irrigation et cultures de contre saison) permet denvisager une certaine économie dans l'utilisation des ressources foncières. A cet effet, laccélération de la diffusion des techniques dintensification doit revêtir un caractère de priorité majeure de même que la généralisation des moyens de production à technologie douce et adaptée aux écosystèmes productifs.
Les actions prioritaires sont de plusieurs ordres :
- élaboration de stratégies pour une meilleure intégration de l'agriculture et de la gestion des ressources naturelles par le développement de l'agro-foresterie et la réhabilitation des techniques agro-pastorales ;
- intensification des systèmes de production et amélioration des méthodes culturales ;
- sécurisation foncière ;
- élaboration de plans doccupation et daffectation des sols ;
- utilisation de paquets technologiques appropriés ;
- encadrement efficient et responsabilisation des acteurs agraires ;