1.7 Environnement et coopération régionale et sous-régionale
La situation géographique et laire de répartition des ressources naturelles ne coïncident pas avec les frontières administratives. Les massifs forestiers, les habitats naturels de la faune, les cours d'eau et la mer couvrent parfois l'espace territorial de plusieurs Etats limitrophes. Dans certains cas, des ressources naturelles peuvent être communes à plusieurs pays ne partageant aucune frontière commune : espèces halieutiques se déplaçant entre les côtes marocaines et la Guinée et oiseaux migrateurs séjournant alternativement au parc national du Djoudj et en Europe. On pourrait signaler également les mouvements de transhumance des troupeaux entre pays voisins. Cette situation devrait conduire les Etats et les populations à adopter une approche de gestion concertée des actions de préservation de lenvironnement.
Le Sénégal et la Guinée ont amorcé une coopération sous-régionale articulée autour de la gestion du parc transfrontalier du Niokolo / Badiar et qui vise la gestion de la faune et de ses habitats en milieu humanisé.
Un projet de coopération devrait bientôt voir le jour entre le Sénégal et la Gambie et conduirait à la création d'une grande réserve de biosphère intégrant les parcs du Delta du Saloum et de Numi. La coopération avec la Mauritanie a permis de définir les axes dune gestion concertée des parcs du Djoudj et du Diawling dont les écosystèmes constituent une unité écologique particulière.
La diversité des régimes fonciers en vigueur dans les Etats membres de lOMVS conduit à ladoption de stratégies différentes de gestion des ressources naturelles dans le bassin du fleuve Sénégal. Ces régimes devraient être harmonisés dans le sens de la préservation des ressources naturelles et de l'environnement dans la zone.
La convention relative à la coopération en matière de protection et de mise en valeur du milieu marin des zones côtières de l'Afrique de l'ouest et du centre et son protocole relatif à la coopération pour lutter contre la pollution en cas de situation critique offrent un cadre de gestion concertée de l'environnement marin. Encore faudrait-il que les Etats côtiers concernés prennent les dispositions nécessaires pour rendre ces textes opérationnels.
En matière de préservation de la ressource un début d'harmonisation des politiques s'amorce dans le cadre de la commission sous-régionale des pêches qui regroupe le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, la Guinée-Bissau et le Cap-Vert. Cet instrument permet aux différents pays membres de procéder à l'évaluation des stocks de ressources halieutiques grâce aux programmes d'appui de la FAO.
La transhumance des troupeaux originaires du Mali et de la Mauritanie est organisée dans le cadre d'accords qui sont sous-tendus par un souci de contrôle sanitaire. Ces accords ne se préoccupent pas véritablement de l'utilisation des ressources pastorales disponibles.
Le Projet d'Appui au Secteur de l'Elevage Transhumant (PRASET) apparaît comme un cadre adéquat pour la prise en charge du pastoralisme dans la sous-région. Ce cadre devrait favoriser l'harmonisation des législations pastorales et lélaboration de mécanismes de gestion des conflits liés au déplacement du bétail.
Des cadres similaires pourraient être créés pour favoriser une meilleure intégration entre le pastoralisme, l'agriculture et la foresterie. Dans le bassin du fleuve Sénégal, le suivi de l'environnement (qualité des eaux, santé) et la gestion des eaux (répartition, normes d'utilisation, conservation) constituent des défis sous-régionaux.
En matière de lutte contre la désertification, le CILSS constitue un cadre de coopération sous-régionale approprié. Les résultats obtenus pourraient être sensiblement améliorés par une implication effective des collectivités locales.