1.6 Gestion décentralisée, financement des initiatives locales et environnement

Le processus de décentralisation initié en milieu rural en 1972 et qui connaît actuellement un approfondissement dans le cadre du projet de régionalisation offre une opportunité réelle pour une plus grande implication des collectivités locales dans la gestion de leur environnement. En effet, le transfert aux collectivités décentralisées de compétences élargies en matière de gestion des ressources naturelles et de l’environnement devrait conduire à une responsabilisation accrue des populations dans la gestion de leurs terroirs.

En milieu rural, le processus de décentralisation / régionalisation devrait induire une modification profonde des stratégies d'intervention en favorisant l’adoption d'une approche participative. La gestion des terroirs devrait constituer une réponse endogène à la crise écologique et socio-économique.

En milieu urbain, la régionalisation devrait se traduire par une responsabilisation accrue des municipalités dotées de nouvelles compétences.

Il faut cependant garder à l’esprit que l’affirmation de l’autonomie locale (érection de la région en collectivité locale, renforcement du pouvoir des élus locaux et implication des administrés dans le processus de prise de décision) ne suffit pas à garantir le succès.

Pour atteindre les résultats escomptés, d'autres conditions doivent être remplies, parmi lesquelles :

- la mise en place de stratégies cohérentes et opérationnelles de gestion des terroirs et de gestion urbaine ;

- la mise en place d'un cadre institutionnel et juridique approprié qui favorise la pleine expression des compétences reconnues aux collectivités locales et assure la synergie nécessaire entre les différents secteurs concernés ;

- l’établissement, à l’échelle régionale et locale, de relations de collaboration étroite entre les structures de gestion des ressources naturelles des collectivités décentralisées ;

- la disponibilité et/ou la mise en place des compétences techniques des nouvelles entités.

Dans cette optique, le PNAE pourrait servir de canevas en vue de l'élaboration à court terme :

- de plans inter-régionaux qui affinent les orientations spécifiques de la région administrative avec les particularités éco-géographiques communes avec d'autres régions ;

- de plans communautaires qui précisent, dans le cadre d'un plan local de développement, les conditions et les modalités d'une meilleure organisation de l'espace, notamment avec l'élaboration d'un plan d'occupation et d'affectation des sols, selon leurs aptitudes et vocations présentes ou futures. Dans la mise en oeuvre des PRAE, des communautés rurales pilotes pourraient servir de pôles d'expérimentation.

Les mécanismes de financement des initiatives locales se fondent sur la mobilisation de ressources à la fois internes et externes. Plusieurs expériences tentées par les ONG, les projets et les organisations paysannes méritent d’être valorisées. Toutefois, des obstacles entravent la rationalisation du financement des activités de gestion des ressources naturelles. La mobilisation des ressources internes s’avère très difficile à cause, entre autres, des rigidités du cadre institutionnel et juridique. Une autre contrainte concerne la multiplicité des stratégies de financement et l'absence de mécanisme de coordination qui rendent difficile toute opération de suivi. Il faut enfin signaler que la stratégie actuelle de financement qui s'appuie principalement sur les subventions ne peut être pérenne.

Les collectivités locales disposent d'opportunités nouvelles en matière de partenariat et de coopération décentralisée. Les élus locaux devront faire montre de créativité pour développer des axes de coopération avec des partenaires extérieurs, mais aussi élargir les possibilités endogènes de génération de nouvelles ressources pour financer les activités de gestion des ressources naturelles et de l’environnement.