1.4 Santé et environnement
Les études et les statistiques relatives à la santé publique mettent en exergue les interrelations qui existent entre les problèmes de santé d'une part et, d'autre part, la mauvaise gestion de l'environnement, les effets négatifs induits par les activités agricoles et industrielles et les modifications socio-économiques et écologiques.
Certaines formes de mise en valeur du milieu ont engendré des pollutions de toute nature et la prolifération des maladies liées à l'eau (paludisme, maladies diarrhéiques, bilharziose, parasitoses, etc.).
Les problèmes de santé résultent également du développement incontrôlé de lurbanisation qui saccompagne de léclosion de bidonvilles privés de systèmes dassainissement. La présence de bactéries pathogènes (choléra, typhoïde...) ou de virus dans les eaux d'égout a parfois été à l'origine de l'explosion de certaines épidémies et fait peser une menace permanente sur la santé de populations vivant dans des conditions très dures de promiscuité.
Les conséquences sanitaires de la pollution domestique et industrielle sont tout aussi sérieuses, en particulier dans les zones de grande concentration urbaine qui sont de surcroît localisées sur le littoral comme c'est le cas à Dakar. Les problèmes qui se posent dans ces zones sont multiples :
- évacuation en mer des déchets liquides et solides sans traitement préalable ;
- rejet en mer des eaux usées et des effluents industriels ;
- contamination chimique et bactériologique des eaux côtières ;
- pollution nitratée des eaux des nappes phréatiques ;
- transport et entreposage de certaines matières toxiques ;
- pollution atmosphérique.
D'autres formes de pollution affectant la santé sont liées à l'utilisation des pesticides dans le secteur agricole (risque d'intoxication). Ces risques sont très fréquents dans les zones d'agriculture intensive : Niayes, Casamance et vallée du fleuve Sénégal.
Diverses maladies parasitaires (paludisme, bilharziose urinaire, parasitoses intestinales) sévissent dans le Delta du fleuve Sénégal où lon note également une recrudescence de certaines maladies diarrhéiques liées à la mauvaise qualité de l'eau.
En définitive, les problèmes sanitaires liés à la modification des biotopes de ces zones humides (du fait des aménagements hydro-agricoles) soulèvent la question des études préalables d'impact sur lenvironnement et celle de la mise en uvre de programmes continus de surveillance, notamment pour les grands travaux hydrauliques qui sont envisagés.
Il faudrait envisager comme mesure complémentaire de mettre en place, au niveau des bassins fluviaux, des observatoires des eaux dont lune des missions consistera à définir des stratégies de prévention sanitaire.
Les compétences dévolues aux communautés de base dans le cadre de la gestion des ressources naturelles et de l'environnement devraient constituer une opportunité pour une meilleure prise en compte des problèmes de santé liés à lenvironnement. La gestion communautaire des systèmes de collecte en milieu urbain et les tentatives de promotion d'une foresterie centrée sur la pharmacopée constituent des jalons dans cette voie.
En conclusion, la mise en oeuvre de la stratégie préconisée devrait permettre aux populations de bénéficier dun environnement sain (réduction des risques sanitaires liés aux facteurs biologiques, physiques et chimiques). Par ailleurs, la maîtrise des niveaux de production de déchets devrait contribuer à préserver le cadre de vie et lenvironnement.