PREFACE

 

L’élaboration du Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE) s’inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre des initiatives prises par le Gouvernement du Sénégal, conformément aux recommandations du Sommet de la Planète-Terre, tenu en juin 1992, à Rio de Janeiro.

De façon globale, les PNAE constituent des cadres stratégiques permettant aux pays d’identifier leurs priorités environnementales et de définir les bases de systèmes efficaces de planification et de gestion des ressources naturelles et de l’environnement.

Dans le cas spécifique du Sénégal, il s’est également agi, dans le cadre de cet exercice de planification environnementale, de procéder à une réévaluation de l’ensemble des paradigmes qui ont, jusqu’ici, sous-tendu la politique de gestion des ressources naturelles et de l’environnement en vue de définir de nouvelles perspectives stratégiques articulées notamment autour des préoccupations de durabilité ; tant il est apparu manifeste que les stratégies mises en oeuvre au cours de la période écoulée n’ont pas permis d’enrayer le processus de destruction de l’environnement. Bien au contraire, le rythme de dégradation des écosystèmes a connu une accélération sans précédent comme l’attestent les indicateurs de base mentionnés par l’audit environnemental réalisé par ce Plan.

Une telle situation nous imposait de rechercher des voies novatrices et des solutions originales dans un cadre adéquat parce qu’opérationnel et fédérateur des synergies. C’est précisément cela l’objet primordial du Plan National d’Action pour l’environnement.

Lors du lancement de son processus d’élaboration, en février 1995, le défi majeur était d’adopter une démarche qui puisse concourir à réaliser un large consensus de l’ensemble de la nation sur l’état et le devenir de son environnement.

Pari gagné. Cet exercice s’est, en effet, fondé sur la mobilisation des différents segments de notre société et de toutes les structures organisationnelles qui participent, à des degrés divers, à façonner nos perceptions et nos réflexes, à motiver nos actions de tous les jours et à modeler l’environnement tant à l’échelle locale que nationale. De ce point de vue, le PNAE contribue au renforcement du processus de décentralisation qui constitue aujourd’hui un enjeu fondamental par rapport au devenir de notre société.

Le PNAE constitue un cadre global de référence. Il identifie les problèmes et les acteurs concernés, suggère des solutions concertées.

Mais d’autres défis nous attendent au nombre desquels la réalisation d’une dynamique participative nationale pour les besoins de sa mise en oeuvre. Celle-ci n’a de chance de succès que si elle est soutenue par l’engagement et la participation effective et permanente des populations et des collectivités de base qui disposent déjà d’instruments d’aide à la décision et la planification environnementale avec les Plans Régionaux d’Action pour l’Environnement (PRAE). Cela nous impose d’approcher au plus près leurs préoccupations, de créer des espaces de concertation permettant à chaque citoyen de prendre conscience de la nécessité d’assumer à la fois ses responsabilités individuelles et sa part de solidarité collective.

A cet égard, ma conviction est largement faite que les développements récents de la conscience environnementale à tous les niveaux constituent un réel motif d’espoir pour une meilleure gestion des ressources naturelles et de l’environnement de notre pays.

Dans ce sens, le PNAE fait un pari sur l’esprit de responsabilité des uns et des autres mais, au-delà, sur l’engagement de tous.

 

Professeur Abdoulaye BATHILY

Ministre de l’Environnement et de

la Protection de la Nature