• 1.1.8 Tourisme

    . Orientations et programmes en cours

  • Dans le cadre du Plan National de Développement Touristique, le Ministère du Tourisme se fixe un objectif de 1,3 million de touristes en l'an 2.010. Les éléments de la stratégie sont les suivants :

  • - la promotion de l'initiative privée ;

    - la diversification des prix et des produits ;

    - l’attrait d’un grand nombre de touristes étrangers par la différenciation des destinations ;

    - l'étalement de la saison.

  • Dans le cadre de cette stratégie, les pouvoirs publics ont adopté deux mesures d’accompagnement majeures :

  • - l’institution d’un fonds de promotion touristique visant à soutenir les initiatives des promoteurs privés;

    - la mise en place d’un fonds d'investissement pour l’appui aux projets.

    . prise en compte de la dimension environnementale

  • La mise en place d’un réseau d'aires protégées représentatif de la quasi totalité des écosystèmes du pays a permis de conserver une riche biodiversité. Outre les aires protégées, il existe un ensemble de forêts classées, de zones d'intérêt cynégétique, de réserves de faune et de zones de chasse favorables à la promotion du tourisme.

    Cependant, le pays n’a pas su mettre en oeuvre une véritable politique d'éco-développement et une stratégie de sauvegarde de l'environnement dans le secteur touristique. A cela plusieurs raisons dont les plus importantes concernent les lacunes constatées au niveau de l’approche et les contraintes imposées par le contexte socio-économique.

    . Contraintes et opportunités

    Les contraintes relevées dans le secteur du tourisme ont trait à :

  • - l'absence d'une stratégie environnementale dans le secteur ;

    - la faiblesse des études d'impact sur l’environnement des activités touristiques ;

    - le déséquilibre infrastructures touristiques / environnement dans certaines zones touristiques ;

    - la prolifération de déchets sur certaines plages (déchets solides, liquides, déchets de capture) ;

    - le problème de l'entretien du potentiel faunique et végétal dans les sites touristiques.

  • Certaines mesures adoptées par les pouvoirs publics ou à l'initiative des populations à la base ainsi que les tendances actuelles des marchés émetteurs constituent des opportunités pour le secteur touristique. On relèvera notamment :

  • . l'installation des infrastructures hôtelières à une distance d’un kilomètre au moins des lacs pour la sauvegarde de l'environnement ;

    . l'expérimentation par les professionnels du tourisme et les collectivités locales d'actions visant l'extension et la sauvegarde des ressources naturelles (parc zoologique de Nianing, réserves de Bandia et de Popenguine). Les syndicats d'initiatives mènent des actions d'assainissement, de sensibilisation et de gestion de petits projets économiques valorisant la récupération des déchets ;

    . une demande de plus en plus forte des marchés émetteurs vers l'écotourisme ;

    . les perspectives d'étalement de la saison touristique sur toute l'année et l'exploitation rationnelle de sites à fort potentiel faunique.

  • Les interventions dans le secteur touristique ont engendré des impacts négatifs et positifs.

    Impacts négatifs

  • - les plans d'aménagement de sites touristiques ont été souvent accompagnés de déforestation, de déplacement de populations, de mise en place d'infrastructures sans tenir compte de la nécessité de préserver les ressources naturelles ;

    - l'exploitation économique du tourisme sans tenir compte des besoins de survie des populations riveraines des zones protégées; ce qui incite ces dernières à recourir au braconnage du gibier et à la surexploitation des ressources forestières.

  • Impacts positifs

    Les expériences de promotion de l'écotourisme ont des impacts positifs sur l'environnement :

  • . le parc zoologique de Nianing contribue à l'accroissement du potentiel faunique et végétal ;

    . les réserves de Bandia et de Popenguine contribuent à l'accroissement et à la sauvegarde des espèces végétales et fauniques ;

    . les actions des syndicats d'initiative contribuent à établir une articulation plus forte entre les activités économiques et la sauvegarde de l'environnement.

  • . Principaux axes d'intervention

    Les priorités en matière de sauvegarde de l'environnement dans le secteur touristique sont les suivantes :

  • - la réalisation d'études d'impacts avant l'exécution de tout projet dans le secteur ;

    - l'implication des collectivités décentralisées et des opérateurs privés notamment par la promotion des syndicats d'initiative ;

    - le développement de l'écotourisme.

  • Dans le domaine de la diversification du produit et de l'animation touristique, il s'avère opportun de définir une stratégie de protection et de gestion intégrées des zones d'intérêt cynégétique ou de tourisme de vision par l'élaboration de plans d'éco-aménagement, notamment des zones périphériques du Djoudj, du Saloum et du Niokolo Koba.

    Cette politique axée sur le maintien de la biodiversité et la gestion des aires protégées devra être menée de concert avec les populations riveraines, les conseils régionaux, le comité scientifique des parcs nationaux (crée en 1988), les structures de gestion des parcs de Niokolo Koba et de Popenguine (créées en 1988 et 1989) et les syndicats d'initiative.

    Une telle option s'inscrit dans le cadre d'actions défini par l'Agenda 21 qui préconise l'appui par les pouvoirs publics des activités de loisirs et de tourisme écologiquement rationnelles, conformément à la Déclaration de la Haye sur le tourisme (1989) et aux orientations des programmes de l'Organisation Mondiale du Tourisme et du PNUE, recommandant une valorisation optimale des musées, des sites historiques, des jardins botaniques, des parcs nationaux et des zones protégées.

    En ce qui concerne les sites d'installation des infrastructures, la prolifération des hôtels en bordure de plage pourrait entraîner à long terme une privatisation du front de mer et une défiguration du paysage naturel par la pollution en bordure du littoral. Le souci de conserver les paysages boisés et de préserver l'environnement maritime devrait se traduire par l'installation d’un réseau d'assainissement dimensionné à la mesure de l'importance des infrastructures des sites touristiques "pieds dans l'eau" qui puisse traiter, épurer et recycler les eaux usées.

    Une organisation et une gestion rationnelles de l'espace et de l'environnement touristiques devra donc concilier au mieux, les exigences de rentabilité des investissements réalisés avec la nécessité de sauvegarder le patrimoine national et les valeurs socio-culturelles des populations riveraines des complexes ou des espaces hôteliers.

    En effet, le développement des activités touristiques pourrait générer des problèmes sociaux liés à des déguerpissements de populations autochtones et/ou à leur perméabilité socio-culturelle et à l’adoption de nouveaux comportements dans un contexte de cohabitation avec une masse de clientèle étrangère.