• 1.1.11 Activités de transport
  • . Etat des lieux

    Le secteur du transport (routier, ferroviaire, maritime et aérien) qui assure 10% du PIB national est administré par plusieurs institutions étatiques en partenariat avec les collectivités locales responsables de la gestion de la circulation urbaine et de la voirie communale.

    Dans le cadre de l’exécution de leurs missions, ces institutions bénéficient du concours des partenaires au développement à travers deux grands projets :

    - le Programme d’Ajustement Sectoriel des Transports (PAST) ;

    - le Programme de Réforme du transport urbain au Sénégal.

    . Transport routier

    Le réseau actuel linéaire est de 14.000 km de route dont 4.000 km sont bitumés. Le tableau ci-dessous retrace l’évolution des infrastructures routières.

    Evolution du réseau bitumé

    (en km)

     

    Années /

    Périodes

    1960

    1er plan

    1961-65

    2e plan

    1965-69

    3e plan

    1969-73

    4e plan

    1973-77

    5e plan

    1977-81

    6e plan

    1981-85

    Au 30/08/92

    Longueur du

    Réseau bitumé

    907

    1 722

    1 960

    2 216

    2 675

    3 444

    3 777

    4 046

    Source : Direction des Travaux Publics

    Ce réseau est marqué par un taux de dégradation très avancé. Les résultats des inventaires annuels indiquent que près des ¾ du réseau routier (72%) se trouvent dans un état de dégradation avancé. 42 % de routes revêtues présentent des détériorations sur plus de 15% de leur livraison.  

    L’effectif immatriculé du parc automobile en 1996 est estimé à 115.000 véhicules répartis comme suit :

    - 66% de voitures particulières ;

    - 12 % de camionnettes ;

    - 8 % d’autocars ;

    - 14% de camions, tracteurs et autres engins lourds.

    Ce parc est caractérisé par un fort taux de vétusté. L’âge moyen de véhicules est de 11 ans pour les camionnettes,13 ans pour les voitures particulières et les autocars, 17 ans pour les camions et 20 ans pour les semi-remorques et les remorques.

    La libéralisation du secteur des transports et l’érosion du pouvoir d’achat des classes moyennes ont eu pour effet une importation massive de véhicules d’occasion "venant de France" au détriment des véhicules neufs. De 1980 à 1993, la proportion de voitures particulières immatriculées est passée de 70% à 18%. L’évolution est sensiblement de même ampleur pour ce qui concerne les autocars : 89% contre 12%. S’agissant des camions l’écart est encore plus important : 79% contre 6%.

    L’augmentation considérable de l’effectif des véhicules diesel (plus polluants) s’est traduite par une hausse de la consommation de gaz oil (169.712 tonnes en 1993 contre 77.552 tonnes en 1980). Au cours de la même période, la consommation de l’essence (super et ordinaire) a chuté de plus de 50% (passant de 114.040 tonnes en 1980 à 50.390 tonnes en 1993.

    . Transport ferroviaire

    D’une longueur totale de 1.060 km, le réseau ferroviaire est composé de deux axes principaux : l’axe Dakar - Thiès - Kidira et l’axe Thiès - Saint-Louis. Récemment, l’état du réseau a été amélioré dans le cadre du PAST.

    La Société Nationale des Chemins de Fer du Sénégal dispose de quelques 30 locomotives d’une puissance utile de 34.038 kw, mais qui sont très vétustes. Une telle situation entraîne une baisse de disponibilité du matériel roulant (autorails et locotracteurs).

    . Transport maritime

    En matière de transport maritime, le Sénégal est équipé d’infrastructures relativement importantes, notamment d’un port de commerce à dimension internationale implanté à Dakar et par lequel transite l’essentiel du trafic ainsi que de ports secondaires construits dans les villes de Kaolack, Saint-Louis et Ziguinchor.

    Le Port de Dakar dispose d’environ 8.326 mètres linéaires de quais répartis en 34 postes d’accostage. Près de 85% des postes du port de commerce sont dragués au moins à - 10 m. Les zones de stockage couvrent une superficie totale de 117 ha dont plus de 60.000 m² représentent des hangars.

    Le transport maritime a connu une évolution en dents de scie au cours de la période écoulée : après une baisse entre 1990 et 1993, le trafic a enregistré une croissance relativement importante à partir de 1995. Cette reprise s’explique pour l’essentiel par une amélioration de la compétitivité des produits nationaux à l’exportation, suite à la dévaluation du franc CFA.

    . Transport aérien

    Le pays dispose de 16 aéroports nationaux ouverts à la circulation aérienne publique. Des investissements importants ont été réalisés pour la réfection des pistes et l’amélioration de la qualité des infrastructures. La gestion des aéroports doit se fonder sur une véritable politique de maintenance préventive de infrastructures et des équipements.

    . Programmes en cours d’exécution

    Le PAST prévoit d’affecter 80% des ressources financières allouées au secteur des transports à l’entretien et la réhabilitation des infrastructures ainsi qu’à la modernisation des services chargés de l’administration et de la gestion des activités de transport. Les objectifs retenus dans le cadre de ce programme concernent :

  • - le renforcement d’environ 860 km de routes bitumées qui sont profondément dégradées ;

    - l’entretien périodique de 2.065 km de routes bitumées et de 1.300 km de routes non bitumées ;

    - l’entretien de 180 km de voies du réseau ferroviaire ;

    - l’amélioration de la route d’accès au terminal à conteneur dans la zone nord du port de Dakar ;

    - la réhabilitation des réseaux de services publics défaillants. 

    - la remise en état des pistes d’atterrissage des aéroports du Cap Skiring et de Ziguinchor ;

    - l’équipements de certains aéroports en matériel essentiel de navigation.

  • Le programme de réforme des transports urbains au Sénégal s’articule autour d’un objectif d’assainissement de ce sous-secteur pour en améliorer l’efficacité. La restructuration des transports collectifs devrait permettre : i) d’améliorer les conditions d’organisation et d’exploitation des différents systèmes de transport collectif, ii) d’organiser l’espace urbain en tenant compte des contraintes liées au transport, iii) de promouvoir le transport ferroviaire des voyageurs dans la région de Dakar et iv) de revaloriser le systèmes de transport collectif privé, notamment "les cars rapides".

    . Prise en compte de la dimension environnementale

    Les politiques définies et mises en œuvre dans le secteur des transport tentent de prendre en compte - peu ou prou - la dimension environnementale.

    Dans le cadre de la mise en œuvre du programme de réforme des transports urbains, il a été crée le Conseil Exécutif des Transports Urbains de Dakar (CETUD), qui a pour mandat, entre autres, de veiller à l’amélioration de l’état et de la qualité du parc automobile pour contribuer à la lutte contre la pollution sonore et atmosphérique. Le CETUD devra également encourager les opérations de maintenance des infrastructures, d’amélioration de la circulation et de renforcement de la sécurité routière. Il devra enfin promouvoir des actions de formation et d’information du public.

    Parmi les autres mesures adoptées en vue de contribuer à la protection de l’environnement, on retiendra :

  • - les efforts entrepris en vue de réhabiliter les infrastructures, notamment le réseau existant ;

    - l’adoption de mesures imposant une limite d’âge pour les véhicules importés et l’application des dispositions du code de la route qui soumettent tous les véhicules à des visites techniques périodiques.

  • Les préoccupations environnementales sont évoquées dans la lettre de politique générale relative au transport ferroviaire (1990). Les éléments de stratégie définis  s’articulent autour des axes suivants :

  • - la reconnaissance du caractère prioritaire de l’entretien et de la réhabilitation ;

    - la volonté de promouvoir la complémentarité entre les différents modes de transport ;

    - l’affirmation de la nécessité de l’amélioration constante de la sécurité au niveau du transport ferroviaire.

  • Pour ce qui concerne le transport maritime, un plan directeur de lutte contre la pollution a été adopté et une structure mise en place pour superviser et coordonner les interventions dans ce domaine, conformément aux recommandations de la convention MARPOL sur la prévention de la pollution par les navires.

    Dans le domaine des transports aériens, la stratégie mise en œuvre vise principalement à maintenir une croissance du trafic dans les limites de la capacité environnementale imposées aux aéroports.

  • . Impact sur l’environnement
  • Les activités de transport induisent des effets négatifs multiples sur l’environnement. Ces effets sont liés notamment à :

  • - la surexploitation de matériaux utilisés pour la construction de routes (latérite, basalte, etc.) ;

    - l’envol de poussière provenant des routes latéritiques ;

    - les pollutions sonore et atmosphérique dues au trafic (routier, ferroviaire et aérien) ainsi qu’à la vétusté du parc ;

    - les déboisements réalisés dans le cadre des opérations de construction de routes et d’aéroports ;

    - la pollution des plans d’eau liée liée aux opérations de manutention, d’entreposage, de maintenance ainsi qu’aux rejets d’eaux usées, d’huile et d’hydrocarbure sans épuration préalable ;

  • . Eléments de stratégie

    Dans le cadre de la mise en œuvre du PNAE, la stratégie en matière de transport devra prendre en compte les grandes lignes suivantes :

    - veiller au respect de la réglementation relative au transport routier ;

    - assurer la réhabilitation des carrières ;

  • - éloigner les routes et les aéroports des zones d’habitation ;

    - traiter les points de conflit en milieu urbain pour rendre la circulation plus fluide ;

    - réglementer de façon plus stricte l’importation des véhicules d’occasion ;

  • - promouvoir les transports collectifs en milieu urbain ;

  • - améliorer la qualité des réseaux de transport et des matériels utilisés en vue de réduire les effets néfastes induits sur l’environnement ;

    - renforcer les moyens de mise en œuvre de plans d’intervention d’urgence pour lutter contre la pollution des eaux par les hydrocarbures ;

    - assurer un traitement préalable des eaux usées et des hydrocarbures ;

    - mettre en place des systèmes plus efficaces de protection lors du transport de produits dangereux.